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J’étais sur le Royal Mile hier soir tard et cela m’a donné envie de vous parler du petit joueur de cornemuse.
C’est l’une des histoires de fantômes les plus connues et les plus appréciées d’Édimbourg. Il en existe de nombreuses versions et voici la mienne. Autrefois, au cœur du château d’Édimbourg, se dressait une tour aujourd’hui disparue : la tour de David. Un jour, des soldats découvrirent l’entrée d’un souterrain sous la tour. La nouvelle se répandit rapidement dans tout le château et dans la ville. Tout le monde voulait savoir ce qui se cachait dans ce tunnel et surtout... où il menait. On racontait qu’il y avait un passage perdu reliant le Château au Palais de Holyrood, sous le Royal Mile, afin de permettre aux rois et aux reines de s’échapper en cas d’attaques (qui arrivaient souvent). Mais il y avait un problème : l’ouverture du tunnel était trop étroite pour qu’un adulte puisse s’y glisser. On décida alors d’envoyer un petit joueur de cornemuse qui travaillait au château. On lui demanda d’entrer dans le passage avec sa cornemuse et de jouer sans s’arrêter, afin de pouvoir suivre le tracé du souterrain grâce au son de la musique. Le plan sembla fonctionner à merveille. Une petite foule descendit le Royal Mile, suivant la mélodie de la cornemuse qui résonnait sous leurs pieds. Puis, soudainement, près de Tron Kirk, au milieu du Royal Mile, le son s’arrêta brusquement. Plus de musique. Plus aucun bruit. Ce fut le silence. Les gens appelèrent le garçon, attendirent longtemps…Certains retournèrent en courant au château pour vérifier s’il était ressorti mais les soldats qui gardaient l’entrée confirmèrent que non. On agrandit finalement l’entrée du souterrain pour explorer l’intérieur. Mais à leur grande surprise, il n’y avait pas de long tunnel : seulement une grande salle vide sous le château. Aucune autre sortie. Aucune trace du garçon. Le petit joueur de cornemuse avait disparu à jamais. Depuis ce jour, certains affirment qu’on peut encore entendre, tard dans la nuit ou tôt le matin, un faible son de cornemuse provenant des profondeurs de la ville sous le Royal Mile… comme si le garçon jouait encore, perdu quelque part dans l’obscurité. Voilà. Alors, j’ai bien écouté hier mais je ne l’ai pas entendu alors j’ai fait cette petite vidéo et j’y ai ajouté un léger son de cornemuse. Vous venez bientôt à Édimbourg ? Contactez-moi si vous souhaitez visiter la ville avec un guide en visite privée — et je vous garantis d’entendre de la cornemuse bien forte sur le Royal Mile pendant le tour et avec du monde aussi !
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J’ai fait une visite avec une sage-femme de Belgique cette semaine et parler des femmes, de la naissance et des pratiques obstétricales à Edimbourg est presque un incontournable (et pour moi un vrai plaisir, ayant tellement aimé devenir maman en Écosse, et il y a 3 sage-femmes dans ma famille !)
Parlons donc de Sir James Young Simpson. Il y a une plaque avec son nom dans St Giles et une statue dans les jardins de Princes Street. Le service de maternité de l’hôpital général s’appelle aussi Simpson ! Alors qu’a-t-il bien pu faire ? Simpson était professeur d’obstétrique à l’université d’Édimbourg au milieu du 19ᵉ siècle. À une époque où accoucher — ou être opéré — signifiait presque toujours souffrir, il s’intéresse à l’anesthésie. Après quelques expériences pour le moins douteuses sur lui-même et amis, il s’arrête sur le chloroforme qui est très vite utilisé en Écosse. Mais ailleurs, la méfiance est grande. Il faut attendre une patiente très particulière — et même extraordinaire — pour que le chloroforme s’impose en Angleterre… et dans le reste du monde. En 1853, la reine Victoria est enceinte de son huitième enfant, qui deviendra le prince Léopold. L’accouchement s’annonce difficile et les conversations entre médecins fusent dans les couloirs de Buckingam Palace. Donner du chloroforme à la reine ? C’est trop nouveau… (et cela vient d’Écosse). Et si quelque chose se passe mal ? Pour l’enfant ? Pour la reine ? Pour la carrière de l’obstétricien royal ?? Le dilemme est grand. Alors la reine prend les devants et déclare : "Chers gentlemen, ce n’est pas vous mais NOUS qui allons avoir ce bébé, et NOUS aurons du chloroforme !" On administre une dose. La reine s’endort. Quelques minutes plus tard, le prince Léopold naît. Et une révolution médicale commence. Le chloroforme s’impose d’abord en obstétrique, puis en chirurgie. Le chloroforme sera plus tard remplacé par des substances moins toxiques, mais il est difficile de nier l’héritage laissé par ce médecin écossais audacieux qui mérite largement sa maternité, sa statue et tous les honneurs qui lui sont rendus. (Et il inventa aussi les forceps!) L’une de mes histoires sur les habitants d’Édimbourg que j’ai rarement l’occasion de raconter pendant mes visites, mais qui reflète si bien le 17ᵉ siècle — un monde très religieux et parfois cruel — et où même le temps écossais joue un rôle d'importance!
En 1696, un soir d’août, un étudiant en médecine de 20 ans traverse le Royal Mile avec des amis. En frissonnant, il plaisante : « Je préférerais être en enfer… au moins il ferait plus chaud ! » Une blague anodine pour nous… mais dans l’Édimbourg du 17ᵉ siècle, elle pouvait coûter la vie. Thomas Aikenhead est un lecteur passionné. À l’université, il dévore Descartes, Spinoza ou encore les livres « dangereux » que les autorités religieuses tentent d’interdir. Comme beaucoup d’étudiants, il passe ses soirées dans les cafés et tavernes, discutant librement — et parfois trop ! Un camarade le dénonce. On l’accuse d’avoir traité la théologie de « tissu d’absurdités », d’avoir qualifié l’Ancien Testament de « fables d’Esdras », d’avoir rejeté la Trinité et ridiculisé les Écritures. Arrêté puis enfermé au Tolbooth (la prison de la ville), Thomas pense d’abord risquer un simple blâme : la loi de 1695 prévoit seulement la prison pour une première offense. Mais une loi plus ancienne, celle de 1661, permet encore la peine de mort. Le 23 décembre, veille de Noël 1696, il passe en jugement. Cinq « amis » témoignent contre lui. Sans avocat et face au redoutable Lord Advocate Sir James Stewart, il est condamné à mort. Il supplie de prendre en compte son jeune âge. En vain. Deux ministres plaidèrent timidement pour lui, mais l’Église d’Écosse, qui aurait pu intercéder en sa faveur, resta silencieuse. Le matin du 8 janvier 1697, Thomas écrit une dernière lettre où il affirme que chaque être humain porte en lui « une soif insatiable de vérité ». À 14 h, escorté sur la route glaciale vers Leith, il monte sur l’échelle du gibet. Il devient la dernière personne au Royaume-Uni exécuté pour blasphème. Ironie de l’histoire : le redoutable Lord Advocate James Stewart habitait dans la close qui porte aujourd’hui son nom— Advocate’s Close et ou vous pouvez admirer l’une des plus belles vues sur le Scott Monument, érigé en l’honneur de écrivain Sir Walter Scott, un géant littéraire du 18ᵉ siècle des Lumières, symbole d’une Écosse bien plus ouverte à la raison et au débat. Il fait particulièrement froid cette semaine alors restez bien au chaud… et ne vous plaignez pas trop du temps ! Halloween approche à grands pas — et quand le voile entre les mondes s’affine - on a tous envie de découvrir des histoires de fantômes, de légendes sombres ou de sorcières surtout à Edimbourg... Voici l’histoire d’un frère et d’une sœur, sorciers au destin tragique et dont la maison serait encore aujourd’hui l’une des plus hantées de la ville (si si).
L’histoire se passe en 1670. Thomas Weir vivait avec sa sœur ainée Jean tout près du Royal Mile. Aucun des deux n’était marié et on les considérait comme un couple étrange. Jean, en particulier, était souvent surnommée ‘Grizel’, tandis que Thomas, ancien capitaine de la garde municipale, était un prêcheur zélé qui aimait prononcer des sermons anti-catholiques improvisés devant de petites foules et lui valait le surnom ‘Angelic Thomas’. Mais un jour, au lieu d’un sermon, il se mit à confesser publiquement une vie entière de crimes odieux et de pactes avec le diable, qu’il aurait même invité chez lui et où Jean et lui le divertissaient avec de la nourriture et des danses. D’autres aveux obscènes suivirent, notamment des confessions de bestialité et la confirmation des rumeurs locales selon lesquelles lui et Jean entretenaient une relation contre nature Thomas fut immédiatement arrêté, et peu après sa sœur, qui confirma ses aveux. Ils furent jugés pour sorcellerie et bien entendu reconnu coupable et condamné à mort. Jean fut pendue sur Grassmarket, où elle décida d’affronter la mort en se déshabillant complètement alors qu’elle montait les marches menant à la potence… La veille de son exécution, Thomas se vit offrir une dernière chance de faire la paix avec Dieu. Il refusa, déclarant : ‘J’ai vécu comme une bête, je dois mourir comme une bête !’ Il fut étranglé puis brûlé comme beaucoup de sorciers.eres à cette époque. On raconte que personne n’habita la maison des Weir pendant plus de deux siècles, effrayé par les phénomènes surnaturels habituels — lumières étranges, bruits, portes qui s’ouvrent et se ferment — ainsi que par l’effet décrit de manière troublante : monter les escaliers tout en ayant l’impression de descendre… On pensait que la maison avait disparu lorsque le quartier fut réaménagé pour devenir Victoria Street dans les années 1830. Mais des fouilles archéologiques récentes ont révélé que certaines parties de la maison sont restées intactes, cachées à l’intérieur des bâtiments environnants. Alors, que vous croyiez à ce genre d’histoires ou non, vous êtes sans doute déjà passés — ou passerez — devant la si jolie Victoria Street, colorée à souhait… et en levant les yeux de la rue, ou en passant devant le petit escalier qui mene au Royal Mile, vous passerait devant le Quaker Meeting House (lieu de culte des Quakers) ou se trouvait la maison des Weir et où leur esprit rôde encore… Regardez les photos pour découvrir où tout cela s’est passé… et se passe peut-être encore. Happy Halloween Source : adapté d’Edinburgh Expert Walking Tours. |
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