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Visiter Édimbourg en août est une expérience unique. Pendant quelques semaines, la ville devient l'une des capitales culturelles du monde. Mais avec une population qui double durant le mois des festivals, un séjour en août demande une organisation un peu différente du reste de l'année.
Depuis que j'accompagne des visiteurs francophones à Édimbourg, j'ai rencontré de nombreux voyageurs qui ignoraient totalement que les festivals avaient lieu. Ils pensaient simplement que la ville était plus chère et plus fréquentée à cause de l'été. Cet article vous aidera à comprendre à quoi vous attendre et à préparer votre voyage plus sereinement. Les festivals d'août 2026 Août ne correspond pas à un seul festival, mais à plusieurs grands événements qui se déroulent simultanément et transforment théâtres, églises, pubs et rues de la ville en immenses scènes de spectacle. Edinburgh International Festival (7 au 30 août) Créé en 1947, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l'Edinburgh International Festival (EIF) est le festival historique à l'origine de tous les autres. Sa programmation est entièrement sur invitation et rassemble chaque année des grandes compagnies et artistes internationaux. Au programme : musique classique, opéra, théâtre, danse et concerts dans les plus belles salles d'Édimbourg, telles que l'Usher Hall, le Festival Theatre ou le King's Theatre. Edinburgh Festival Fringe (7 au 31 août) Le Fringe est né lui aussi en 1947, lorsque plusieurs compagnies de théâtre, non invitées au festival officiel, décidèrent de venir jouer malgré tout à Édimbourg. Contrairement à l'International Festival, le Fringe est ouvert à tous : toute compagnie ou tout artiste capable de produire un spectacle peut venir se produire à Édimbourg en août. Plus de 250 lieux accueilleront près de 3 600 représentations cette année. Théâtre, comédie, musique, magie, cirque, cabaret, marionnettes, danse… absolument tous les genres sont représentés. C'est au Fringe que de nombreux humoristes, acteurs, metteurs en scène et musiciens au Royaume-Uni mais aussi aux Etats-Unis ou Australie aujourd'hui célèbres ont été découverts. Royal Edinburgh Military Tattoo (7 au 29 août) Chaque soir (sauf le dimanche, avec deux représentations le samedi), l'esplanade du château d'Édimbourg accueille l'un des spectacles les plus célèbres d'Écosse. Jusqu'à 2 500 artistes participent à un immense défilé mêlant fanfares militaires, cornemuses écossaises, orchestres, danseurs et performances internationales. Le spectacle se termine par un joueur de cornemuse solitaire sur les remparts du château, accompagné d'un feu d'artifice. Le Tattoo est retransmis à la télévision dans plus de 40 pays et suivi chaque année par près de 100 millions de téléspectateurs. Edinburgh International Book Festival (15 au 30 août) Le Festival international du livre réunit des auteurs venus du monde entier pour des conférences, débats, rencontres et séances de dédicaces. Il se tient dans le magnifique Edinburgh Futures Institute, installé dans les bâtiments de l'ancien hôpital royal, à deux pas de l'université d'Édimbourg. D'autres festivals Le mois d'août accueille également :
Le Fringe : un événement hors norme Le Fringe est véritablement le cœur de l'effervescence d'août. Plus de 50 000 représentations sont proposées en seulement trois semaines. Bonne nouvelle : il n'est pas nécessaire de parler anglais pour en profiter. De nombreux spectacles de cirque, musique, danse ou théâtre visuel sont accessibles à tous, y compris aux enfants. Beaucoup de compagnies viennent également de pays non anglophones. Autre avantage : il est souvent possible de réserver ses billets le jour même. Le programme est dense mais sur place, vous pouvez aussi réserver un ou plusieurs spectacles. Ma recommendation. Regardez les spectacles de cirque pour toute la famille surtout dans le magnifique Assembly Hall, l'un des lieux les plus prestigieux du festival. Mon coup de cœur : l'Edinburgh International Festival Si je ne devais recommander qu'un autre seul événement, ce serait l'Edinburgh International Festival. Les spectacles se déroulent dans des salles magnifiques comme le Festival Theatre, le King's Theatre, l'Usher Hall ou encore le Playhouse, de véritables joyaux architecturaux. Comme ces salles disposent de plusieurs centaines, voire de plusieurs milliers de places, il est souvent encore possible d'obtenir des billets. C'est l'occasion d'assister à un spectacle de très haut niveau dans un cadre exceptionnel. Manger pendant les festivals Si vous souhaitez dîner dans un restaurant ou un pub en particulier, pensez à réserver plusieurs semaines à l'avance. Si les réservations ne sont pas possibles, notamment dans la vieille ville, c'est que l'établissement fonctionne selon le principe du « premier arrivé, premier servi ». Pour une solution plus flexible, profitez des nombreux marchés éphémères, cours intérieures aménagées et stands de street food installés autour de George Square et Bristo Square dès juillet et pendant tout le mois d'août. Festivals et visites : comment trouver l'équilibre ? Les principaux sites touristiques restent ouverts, mais l'expérience est différente en raison de l'affluence. Pour éviter les plus grosses foules, privilégiez les visites tôt le matin ou après 18 h :
Revenez ensuite sur le Royal Mile dans la journée afin de profiter des artistes de rue et de l'ambiance unique du festival. Faire une pause loin de la foule Lorsque vous avez envie d'un peu de calme, plusieurs endroits et quartiers dans la ville permettent de retrouver une atmosphère plus paisible :
Pour découvrir une autre facette d'Édimbourg, dirigez-vous vers la mer :
Le château d'Édimbourg : conseils pratiques Réservez de préférence le premier créneau de la journée, idéalement en semaine, puis dirigez-vous immédiatement vers les Honours of Scotland (les joyaux de la Couronne). Les files d'attente s'allongent très rapidement. Si les billets classiques sont épuisés, vérifiez les formules comprenant un Afternoon Tea ou le Royal Edinburgh Ticket, qui inclut l'entrée au château d'Édimbourg, au palais d'Holyrood, au Royal Yacht Britannia ainsi qu'un pass de bus touristique valable 48 heures. Et quel temps fait-il… un sujet passionnant, surtout ici! Oui, il fait plus chaud qu'à d'autres moments de l'année mais on est loin des fortes chaleurs estivales auxquelles vous êtes peut-être habitués. En été, les températures oscillent généralement entre 15 et un peu plus de 20 °C. N'oubliez pas qu'Édimbourg se situe à la latitude de Moscou ! Mais grâce au climat océanique, les températures restent beaucoup plus douces. La météo reste très changeante. Vous pouvez avoir de la pluie le matin, un beau soleil à midi, un peu de vent dans l'après-midi… et terminer la journée en terrasse. On vit les quatre saisons en une seule journée ! Mon conseil : prévoyez plusieurs couches de vêtements, une veste imperméable et, pourquoi pas, une petite doudoune légère. Mais ne soyez pas surpris si vous vous retrouvez finalement en tee-shirt sous un beau soleil écossais ou sous la pluie ! Et une bonne nouvelle : il n'y a pas de midges à Édimbourg. Ces minuscules insectes volants, qui peuvent rendre certaines soirées compliquées dans les Highlands et les îles, sont très rarement présents dans les villes et surtout dans les Lowlands ici. Vous pourrez donc profiter des longues soirées d'été sans avoir à les redouter. Besoin d'aide pour préparer votre séjour ? Je propose des visites guidées privées en français pour vous faire découvrir Édimbourg autrement : son histoire, son patrimoine, ses traditions et sa culture, à travers l'histoire, des anecdotes, des conseils pratiques et en suivant des itinéraires adaptés à vos envies et aux festivals ! À l'issue de la visite, je vous remets également un guide regroupant mes meilleures recommandations, adresses et itinéraires afin de poursuivre votre découverte de la ville en toute autonomie. Et voici gratuitement mon petit guide du National Museum of Scotland spécialement conçu pour les familles, avec une sélection des objets et lieux les plus intéressants pour les enfants et les adolescents.
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Édimbourg compte plus de bâtiments classés que n’importe quelle autre ville au monde.
La ville recense plus de 4 500 bâtiments protégés. Environ 75 % des bâtiments de la Vieille Ville, de la Nouvelle Ville et de Dean Village présentent un intérêt architectural ou historique particulier et sont d'ailleurs tous des sites classés au patrimoine mondial de l'UNESCO. Ce n'est donc pas étonnant que la ville soit si magnifique à découvrir le temps d’un court séjour ou lors d’un grand périple en Écosse. LE CHÂTEAU D’ÉDIMBOURG Perché sur son rocher, il domine la ville de toutes parts. Il se visite bien sûr mais on peut aussi simplement tout simplement l’admirer de loin. Voici mes spots stratégiques :
Et voici mon top 10 de bâtiments/rues préférés:
La plupart se trouvent dans la Vieille Ville et le long du Royal Mile — vous pouvez presque tous les voir en une seule balade ! Côté Nouvelle Ville, en chemin vers Dean Village ou Stockbridge, ne manquez pas le dernier de ma liste, Moray Place, avec son impressionnante rangée continue de maisons si élégantes et harmonieuses. Je n’ai pas cité volontairement de rues… comme Victoria Street et sa sœurette Cockburn Street. Et on grimpe sur Arthur’s Seat ou Calton Hill pour profiter de vues spectaculaires sur toute la ville ! Et si vous avez envie de découvrir Édimbourg avec moi, je passe devant la majorité de ces lieux lors de mes visites guidées — je vous emmène ? J’étais sur le Royal Mile hier soir tard et cela m’a donné envie de vous parler du petit joueur de cornemuse.
C’est l’une des histoires de fantômes les plus connues et les plus appréciées d’Édimbourg. Il en existe de nombreuses versions et voici la mienne. Autrefois, au cœur du château d’Édimbourg, se dressait une tour aujourd’hui disparue : la tour de David. Un jour, des soldats découvrirent l’entrée d’un souterrain sous la tour. La nouvelle se répandit rapidement dans tout le château et dans la ville. Tout le monde voulait savoir ce qui se cachait dans ce tunnel et surtout... où il menait. On racontait qu’il y avait un passage perdu reliant le Château au Palais de Holyrood, sous le Royal Mile, afin de permettre aux rois et aux reines de s’échapper en cas d’attaques (qui arrivaient souvent). Mais il y avait un problème : l’ouverture du tunnel était trop étroite pour qu’un adulte puisse s’y glisser. On décida alors d’envoyer un petit joueur de cornemuse qui travaillait au château. On lui demanda d’entrer dans le passage avec sa cornemuse et de jouer sans s’arrêter, afin de pouvoir suivre le tracé du souterrain grâce au son de la musique. Le plan sembla fonctionner à merveille. Une petite foule descendit le Royal Mile, suivant la mélodie de la cornemuse qui résonnait sous leurs pieds. Puis, soudainement, près de Tron Kirk, au milieu du Royal Mile, le son s’arrêta brusquement. Plus de musique. Plus aucun bruit. Ce fut le silence. Les gens appelèrent le garçon, attendirent longtemps…Certains retournèrent en courant au château pour vérifier s’il était ressorti mais les soldats qui gardaient l’entrée confirmèrent que non. On agrandit finalement l’entrée du souterrain pour explorer l’intérieur. Mais à leur grande surprise, il n’y avait pas de long tunnel : seulement une grande salle vide sous le château. Aucune autre sortie. Aucune trace du garçon. Le petit joueur de cornemuse avait disparu à jamais. Depuis ce jour, certains affirment qu’on peut encore entendre, tard dans la nuit ou tôt le matin, un faible son de cornemuse provenant des profondeurs de la ville sous le Royal Mile… comme si le garçon jouait encore, perdu quelque part dans l’obscurité. Voilà. Alors, j’ai bien écouté hier mais je ne l’ai pas entendu alors j’ai fait cette petite vidéo et j’y ai ajouté un léger son de cornemuse. Vous venez bientôt à Édimbourg ? Contactez-moi si vous souhaitez visiter la ville avec un guide en visite privée — et je vous garantis d’entendre de la cornemuse bien forte sur le Royal Mile pendant le tour et avec du monde aussi ! Hogmanay est la célébration du passage à la nouvelle année uniquement en Ecosse ! Mais pourquoi ce nom et pourquoi les écossais ont fait de la fin d’année une fête immense qui rassemble des milliers de personnes dans les rues d’Édimbourg et sur plusieurs jours, avec feux d’artifice, musiques et traditions comme le first footing? Le mot même Hogmanay a une origine incertaine, pouvant venir du français, du gaélique ou des langues nordiques. Les feux d’artifice et les défilés aux flambeaux (hier à Edimbourg) rappellent les anciennes fêtes païennes des temps vikings. On allumait des feux de joie et lançait des torches. Les peaux animales enflammées produisaient une fumée censée chasser les mauvais esprits ; ce bâton fumant était appelé un Hogmanay. Du côté français, selon les experts, le nom apparut à l’époque de Marie Stuart au 16ᵉ siècle : les cadeaux offerts le soir du Nouvel An étaient appelés ‘hoguignets’ en Normandie… L’interdiction de Noël pendant 400 ans ! Il existe des raisons historiques et assez incroyables pour cet engouement. Noël a été interdit en Écosse, puis dans toute la Grande-Bretagne, au 17ᵉ siècle car c’était jugée trop indulgent et lié au catholicisme. Boire, danser, trop manger, offrir des cadeaux et chanter étaient tout simplement interdits. Le changement n’est arrivé qu’au 19ᵉ siècle lorsque les victoriens anglais ont progressivement recommencé à célébrer Noël. Mais les Écossais avaient fait quelque chose que personne d’autre en Grande-Bretagne ne faisait : ils avaient tout simplement déplacé les festivités à la semaine suivante lorsque le calendrier marquait le changement d’année — sans lien avec le calendrier chrétien et donc en dehors du contrôle de l’Église protestante puritaine et austère. Hogmanay est ainsi devenu la grande fête de l’hiver du Nouvel An et qui est d’ailleurs souvent plus attendue et célébrée par beaucoup d’écossais surtout que le jour de Noël n’est devenu jour férié en Écosse qu’en 1958 !!! Tous dehors ! Jusqu’au milieu du 20ᵉ siècle, des rassemblements informels avaient lieu à travers toute l’Écosse dans les centres-villes. A Édimbourg les célébrations avaient lieu à l’extérieur de l’église du Tron sur le Royal Mile. Les habitants de la capitale se réunissait après 22h lorsque les pubs fermaient et profitaient d’un carry-oot (boissons à emporter) jusqu’après minuit. Lorsque les pubs et clubs ont commencer à rester ouverts après minuit dans les années 70 et 80, la tradition de se rassembler à l’extérieur a un peu disparu en Écosse sauf qu’à Édimbourg, on a continué célébrer dehors avec un festival professionnel aujourd’hui organisé sur trois jours — spectacles de rue, marchés et concerts — qui culmine avec une immense fête de rue sur Princes Street et un feu d’artifice tiré du château et qui attire des visiteurs du monde entier.
En 1996, Hogmanay à Edimbourg a été reconnue par le Guinness Book of Records comme la plus grande fête du Nouvel An au monde, avec plus de 300 000 participants, ce qui a d’ailleurs conduit à la mise en place d’un système de billetterie payante les années suivantes. Le First Footing Mais heureusement certaines traditions subsistent encore, notamment le first-footing selon lequel la première personne à entrer dans une maison après minuit est considérée comme un porte-bonheur apportant avec lui des cadeaux symboliques :
Pour garantir la chance, cette personne devrait être un homme grand aux cheveux foncés et cette préférence viendrait de l’époque viking : voir arriver un grand blond armé d’une hache sur le pas de sa porte annonçait rarement une bonne année ! Auld Lang Syne et feux d'artifice Juste après minuit, il est traditionnel de chanter Auld Lang Syne de Robert Burns en se tennant la main en un grand cercle (souvent en croisant les bras pour le dernier couplet) afin de dire adieu à l’année écoulée — une tradition désormais répandue dans le monde entier, mais fondamentalement écossaise. La chanson a été traduite en français en 1920 par Jacques Sevin, l’un des fondateurs des Scouts de France et c’est la fameuse ‘Ce n’est qu’un au au-revoir mes frères’ ! Et cette année alors ? L’année dernière, la street party a été annulée à cause du mauvais temps, mais cette année, le soleil est au rendez-vous d’après met office sauf que les températures ont un peu chuté ces jours-ci. Pour ma part, je vais certainement aller chez des amis et regarder le feu d’artifice depuis le parc des Meadows, Arthur’s Seat comme des milliers d’habitants d’Édimbourg qui sont trop frileux (ou trop âgés!) pour affronter la foule sur Princes Street. Alors que vous célébrez la Saint-Sylvestre chez vous bien au chaud ou que vous soyez déjà à Édimbourg ou quelque part en Ecosse, surtout profitez-en bien et bonne année 2026 ! Et pour les amateurs de whisky : Hogmanay ne sera pas complet sans un petit dram (et qui est bien pratique pour se réchauffer) ! Si vous souhaitez en apprendre davantage et découvrir la ville lors d’une visite guidée à pied, je me ferai un immense plaisir de vous accompagner ! J’ai fait une visite avec une sage-femme de Belgique cette semaine et parler des femmes, de la naissance et des pratiques obstétricales à Edimbourg est presque un incontournable (et pour moi un vrai plaisir, ayant tellement aimé devenir maman en Écosse, et il y a 3 sage-femmes dans ma famille !)
Parlons donc de Sir James Young Simpson. Il y a une plaque avec son nom dans St Giles et une statue dans les jardins de Princes Street. Le service de maternité de l’hôpital général s’appelle aussi Simpson ! Alors qu’a-t-il bien pu faire ? Simpson était professeur d’obstétrique à l’université d’Édimbourg au milieu du 19ᵉ siècle. À une époque où accoucher — ou être opéré — signifiait presque toujours souffrir, il s’intéresse à l’anesthésie. Après quelques expériences pour le moins douteuses sur lui-même et amis, il s’arrête sur le chloroforme qui est très vite utilisé en Écosse. Mais ailleurs, la méfiance est grande. Il faut attendre une patiente très particulière — et même extraordinaire — pour que le chloroforme s’impose en Angleterre… et dans le reste du monde. En 1853, la reine Victoria est enceinte de son huitième enfant, qui deviendra le prince Léopold. L’accouchement s’annonce difficile et les conversations entre médecins fusent dans les couloirs de Buckingam Palace. Donner du chloroforme à la reine ? C’est trop nouveau… (et cela vient d’Écosse). Et si quelque chose se passe mal ? Pour l’enfant ? Pour la reine ? Pour la carrière de l’obstétricien royal ?? Le dilemme est grand. Alors la reine prend les devants et déclare : "Chers gentlemen, ce n’est pas vous mais NOUS qui allons avoir ce bébé, et NOUS aurons du chloroforme !" On administre une dose. La reine s’endort. Quelques minutes plus tard, le prince Léopold naît. Et une révolution médicale commence. Le chloroforme s’impose d’abord en obstétrique, puis en chirurgie. Le chloroforme sera plus tard remplacé par des substances moins toxiques, mais il est difficile de nier l’héritage laissé par ce médecin écossais audacieux qui mérite largement sa maternité, sa statue et tous les honneurs qui lui sont rendus. (Et il inventa aussi les forceps!) Voyage à travers les liens entre l’Écosse, la France… mais aussi la Belgique et la Suisse28/11/2025 Lorsque vous visiterez Édimbourg et l’Écosse, vous remarquerez très vite une chose : vous serez très bien accueillis. On peut même dire qu’il existe un certain attachement pour les francophones — pour la langue française et nos accents (c’est d’ailleurs pourquoi j’ai décidé de ne jamais perdre le mien :) — attachement qui trouve ses racines dans la longue et grande histoire entre l’Écosse et la France : la plus vieille alliance militaire et diplomatique du monde, une reine commune, mais aussi d’autres liens moins connus et parfois surprenants. On les découvre à Édimbourg au détour d'un lieu, d'un nom, en visitant son château, son palais ou d’autres lieux chargés d’histoire, et où la Belgique et la Suisse sont également à l’honneur !
La Auld Alliance à l'origine du mur défensif de la ville La vielle (Auld) alliance est un ancien traité militaire et diplomatique conclu en 1295 entre la France et l’Écosse. Charles de Gaulle visita Edimbourg en 1942 et la décrivit comme « la plus vieille alliance du monde », affirmant que jamais un peuple ne s’était montré plus généreux que les Écossais envers la France. Selon l’accord, si l’un des deux pays était attaqué par l’Angleterre, l’autre devait intervenir pour diviser les forces anglaises. Des soldats écossais combattirent en France, et l’Écosse honora l’alliance en envahissant l’Angleterre en 1513 et qui se termina tragiquement à la bataille de Flodden : plus de 15 000 Écossais périrent dont le roi Jacques IV. Le lendemain de la bataille, redoutant une invasion anglaise, les habitants d’Édimbourg commencèrent le Flodden Wall, le mur défensif de la ville. On mit 60 ans à construit le mur et on raconte qu'il fut au début construit par les femmes et les enfants car la ville manquait cruellement d'hommes. On peut encore en voir des sections de l'ancien mur notamment dans la Vennel, au-dessus de Grassmarket ou dans le cimetière de Greyfriars. Les meilleurs vins de Bordeaux à Édimbourg ! Grâce à la vieille alliance, les écossais bénéficièrent d’un accès privilégié aux vins de Bordeaux — le claret. Les cargaisons arrivaient directement au port de Leith. Après l’Union avec l’Angleterre en 1707, les Écossais contournaient les nouvelles taxes imposées pour importer ce précieux vin, la boisson des classes privilégiées et qui coulait à flot dans les réceptions et sociétés d’Édimbourg. Mary Stuart : reine commune Reine d’Écosse à neuf mois, Marie Stuart fut envoyée en France à l’âge de cinq ans pour y être élevée à la cour d’Henri II et de Catherine de Médicis. Elle épouse François II à l'âge de 15 ans et devint reine consort de France à 16 ans mais son règne en France s'arrête brutalement avec la mort de Francois deux ans plus tard. Mary revient en Ecosse et règnera pendant 7 ans d'Edimbourg au Château mais surtout au Palais d’Holyrood où elle passa une grande partie de son temps et où elle a vécu plusieurs de ses plus grands drames avant son abdication forcée. L’hôpital d'Édimbourg ou la petite France L'hôpital d'Édimbourg - le Royal Infirmary - est surnommé Little France car c'est l'ancienne zone d’installation de nombreux membres de l’entourage de Marie Stuart après son séjour à Craigmillar Castle, qu’elle appréciait particulièrement. La plupart des enfants d’Édimbourg naissent à Little France — et j’aime penser que mes deux enfants sont nés dans une « Petite France » en Écosse ! Vous ne visiterez pas Little France (sauf en cas de pépin… ce que je ne vous souhaite pas), mais vous pouvez vous promener autour de l’ancien hôpital près du parc des Meadows au sud de la Vieille Ville rénové en appartements luxueux et dont le bâtiment principal est magnifique et fait aujourd'hui parti de l'université d'Edimbourg. Un roi de France en exil au Palais d'Holyrood Retour au Palais avec la surprenant histoire du comte d’Artois, frère de Louis XVI et futur roi Charles X (règne 1824–1830) qui fut le deuxième résident royal le plus long de Holyrood Palace ! Il y vécut sept ans avec sa maîtresse Louise de Polastron, après avoir fui la Révolution française et pour se protéger des poursuites judiciaires utilisant le statut de sanctuaire du Palais pour échapper à ses créanciers. Près de trente ans plus tard, il revint à Holyrood comme roi détrôné, après la Seconde Révolution française de 1830, et y resta encore deux ans. Un meurtrier français et les Cévennes inspire les oeuvres de Robert Louis Stevenson Eugène Marie Chantrelle originaire de Nantes s’installe à Édimbourg dans les années 1860. Devenu professeur de français, il commence une relation avec l’une de ses élèves, Elizabeth Dyer, alors âgée de quinze ans. Ils se marient plus tard et auront quatre enfants. Mais la vie d’Elizabeth est un cauchemar : violences, alcoolisme, menaces dont celle, répétée, de l’empoisonner. En 1877, Eugène souscrit une assurance-vie en cas de « mort accidentelle » et le 1ᵉʳ janvier 1878, Elizabeth est retrouvée inconsciente près d’un tuyau de gaz cassé et elle meurt. Soupçonné d’avoir drogué sa femme avant de simuler une fuite de gaz, il est arrêté après les funérailles et son procès passionne le public : menaces révélées, maîtrise des poisons, mise en scène maladroite… Il est reconnu coupable et pendu à Edimbourg le 31 mai 1878. Parmi les spectateurs se trouve un jeune Robert Louis Stevenson auteur de L’Ile au Trésor mais aussi de l’Étrange Cas du Docteur Jekyll et de Mister Hyde. Stevenson s'est inspiré d'un marchant de meubles - Deacon Brodie - mais on pense qu'il s’inspira également de Chantrelle pour la partie double et terrifiante. Dans les années 1870, Stevenson partit en France pour raisons de santé et traversa les Cévennes avec un âne. Il en tira Voyage avec un âne dans les Cévennes. Aujourd’hui, son itinéraire est devenu un sentier de randonnée de 225 km, le Chemin de Stevenson. Mons Meg, la star belge du Château d’Édimbourg L’un des objets les plus célèbres du Château d’Édimbourg est le gigantesque canon Mons Meg qui fut fabriqué à Mons en Belgique (dont son nom!). Il a été offert au roi d'Ecosse Jacques II en 1457 et il pouvait tirer des boulets de 150 à 200 kg ! Mais trop lourd pour être vraiment utile pendant les guerres, il servit surtout lors de fêtes et de célébrations jusqu’en 1681 où son canon éclata. Emmené à Londres pour des réparations, il y resta des décennies avant que les Écossais n’obtiennent son retour en 1829. Il repose aujourd'hui sur les remparts du château veillant sur la ville. La géologie moderne : un écossais et un suisse James Hutton écossais d’Édimbourg est considéré comme le père de la géologie moderne, après avoir étudié les roches écossaises notamment sur Arthur’s Seat mais c’est un scientifique suisse, Jean-André Deluc, qui a joué un rôle crucial dans la reconnaissance internationale de cette science : après avoir visité l’Écosse, lu Hutton et observé les formations rocheuses, il valide publiquement ses conclusions. Grâce à lui, la révolution géologique écossaise conquiert l’Europe scientifique. La Réforme : John Knox à Genève John Knox, réformateur écossais et père de l’Église d'Ecosse protestante vécut plusieurs années a Genève ou il prêcha, étudia, et fut surtout profondément guidé et influencé par Jean Calvin qu'il rencontra dans les années 1550. John Knox qualifia meme Genève de « la plus parfaite école du Christ depuis les jours des apôtres ». Aujourd'hui, John Knox est honoré dans les deux villes. On retrouve sa statue dans l'Assembly Hall sur le Mound à Edimbourg ainsi qu'à Genève sur le Monument international de la Réformation, généralement connu sous le nom de Mur des réformateurs. Si vous souhaitez en apprendre davantage et découvrir la ville lors d’une visite guidée à pied, je me ferai un immense plaisir de vous accompagner ! L’une de mes histoires sur les habitants d’Édimbourg que j’ai rarement l’occasion de raconter pendant mes visites, mais qui reflète si bien le 17ᵉ siècle — un monde très religieux et parfois cruel — et où même le temps écossais joue un rôle d'importance!
En 1696, un soir d’août, un étudiant en médecine de 20 ans traverse le Royal Mile avec des amis. En frissonnant, il plaisante : « Je préférerais être en enfer… au moins il ferait plus chaud ! » Une blague anodine pour nous… mais dans l’Édimbourg du 17ᵉ siècle, elle pouvait coûter la vie. Thomas Aikenhead est un lecteur passionné. À l’université, il dévore Descartes, Spinoza ou encore les livres « dangereux » que les autorités religieuses tentent d’interdir. Comme beaucoup d’étudiants, il passe ses soirées dans les cafés et tavernes, discutant librement — et parfois trop ! Un camarade le dénonce. On l’accuse d’avoir traité la théologie de « tissu d’absurdités », d’avoir qualifié l’Ancien Testament de « fables d’Esdras », d’avoir rejeté la Trinité et ridiculisé les Écritures. Arrêté puis enfermé au Tolbooth (la prison de la ville), Thomas pense d’abord risquer un simple blâme : la loi de 1695 prévoit seulement la prison pour une première offense. Mais une loi plus ancienne, celle de 1661, permet encore la peine de mort. Le 23 décembre, veille de Noël 1696, il passe en jugement. Cinq « amis » témoignent contre lui. Sans avocat et face au redoutable Lord Advocate Sir James Stewart, il est condamné à mort. Il supplie de prendre en compte son jeune âge. En vain. Deux ministres plaidèrent timidement pour lui, mais l’Église d’Écosse, qui aurait pu intercéder en sa faveur, resta silencieuse. Le matin du 8 janvier 1697, Thomas écrit une dernière lettre où il affirme que chaque être humain porte en lui « une soif insatiable de vérité ». À 14 h, escorté sur la route glaciale vers Leith, il monte sur l’échelle du gibet. Il devient la dernière personne au Royaume-Uni exécuté pour blasphème. Ironie de l’histoire : le redoutable Lord Advocate James Stewart habitait dans la close qui porte aujourd’hui son nom— Advocate’s Close et ou vous pouvez admirer l’une des plus belles vues sur le Scott Monument, érigé en l’honneur de écrivain Sir Walter Scott, un géant littéraire du 18ᵉ siècle des Lumières, symbole d’une Écosse bien plus ouverte à la raison et au débat. Il fait particulièrement froid cette semaine alors restez bien au chaud… et ne vous plaignez pas trop du temps ! La tendance des saunas au bord des plages ou des lochs a vraiment explosé en Écosse : le mélange chaleur + nature + bain froid est-il ou a t-il été au programme de vos vacances ?
Si vous êtes tentés, on en trouve partout et voici une petite liste sur Skye, à Glencoe, autour d’Oban … et bien sur Édimbourg. Photo prise ce matin à Rowerdennan sur le Loch Lomond (2h d'Edimbourg et 1h de Glasgow). Skye
Oban
Édimbourg
Il existe - disséminés dans les pavés de la Vieille Ville - des fragments de son histoire. Suivez-moi pour une petite promenade dans le temps et le long du Royal Mile pour découvrir ces pages du passé souvent indiquées par des petites plaques en laiton.
Le poids du commerce Tout en haut, au rond-point, devant la haute église aux volets rouges, se trouvait la Maison de pesée. Les marchands d’Édimbourg vendaient librement, mais ceux venus de la campagne devaient payer un droit. C’est au Lawnmarket (« terre » en écossais) que se rassemblaient les vendeurs de tissus et d’étoffes. Les marchés de viande et de poisson étaient relégués plus bas, là où les ruelles permettaient un meilleur drainage. Les exécutions publiques En face de la statue de David Hume, un « H » en laiton marque l’emplacement des anciennes potences. C’est ici que furent exécutés plusieurs criminels célèbres, dont Deacon Brodie, qui inspira Dr. Jekyll et Mr. Hyde, et George Bryce, dernier homme pendu publiquement en 1864. Le cœur de la ville À côté de St Giles’ High Kirk se trouvait l’ancien Tollbooth – hôtel de ville, prison et lieu d’exécution redouté. À l’endroit exact de sa porte, les pavés dessinent aujourd’hui le Heart of Midlothian . Ça arrive moins souvent qu'avant mais les Écossais perpétuent la tradition de cracher sur le cœur en signe de défi envers les anciennes autorités. Le poste de garde Au milieu du Royal Mile, près de l’église du Tron, un rectangle en pavés de laiton marque les limites de l’ancien poste de garde municipal. À l’extérieur se trouvait un cheval de bois où l’on attachait les petits délinquants pour les humilier publiquement. La fin du monde Près du pub The World’s End et la close du même nom, se trouve l’emplacement de l’ancienne porte principale de la ville. Les habitants les plus pauvres, ne pouvant payer le droit de passage, ne franchissaient pas cette frontière et ne sont donc jamais sortis d’Édimbourg. Pour eux, c’était bien la fin du monde. Le sanctuaire de Holyrood Tout en bas du Royal Mile, en face du Palais de Holyrood et des ruines de l’abbaye, deux lettres « S » en laiton incrustées dans les pavés rappellent l’existence du sanctuaire. Les personnes accablées de dettes pouvaient s’y réfugier pour échapper à la justice à condition de ne jamais franchir les limites du sanctuaire, qui s’étendait d’Arthur’s Seat jusqu’au village de Duddingston. Alors la prochaine fois que vous descendrez le Royal Mile, levez les yeux pour admirer les façades… Mais regardez aussi bien sous vos pieds . Et pour plus d'histoires, contactez moi pour un visite guidée - rien que vous et moi - à votre rythme, à petit prix et avec une guide passionnée à vos côtés. Voici des bons pubs sur Édimbourg pour boire un verre, dîner, et écouter de la musique traditionnelle. Bien sûr, cette sélection est totalement subjective — mais après plus de 25 ans à vivre à Édimbourg, j’ai eu le temps d’en tester quelques-uns (et de les approuver!) 𝗣𝗼𝘂𝗿 𝗱𝗶̂𝗻𝗲𝗿 : 𝗽𝘂𝗯𝘀 𝗺𝗼𝗱𝗲𝗿𝗻𝗲𝘀 𝗼𝘂 𝗰𝗹𝗮𝘀𝘀𝗶𝗾𝘂𝗲𝘀 Si vous cherchez un endroit dans la vieille ville où bien diner dans une ambiance typiquement écossaise, voici mes addresses :
𝗣𝗼𝘂𝗿 𝘂𝗻 𝗮𝗶𝗿 𝗱𝗲 𝗺𝘂𝘀𝗶𝗾𝘂𝗲 𝘁𝗿𝗮𝗱𝗶𝘁𝗶𝗼𝗻𝗻𝗲𝗹𝗹𝗲 (𝗲𝘁 𝘂𝗻 𝗯𝗼𝗻 𝘃𝗲𝗿𝗿𝗲) Comme certains le savent, j’adore la musique traditionnelle 'folk' surtout les sessions où des musiciens pros et semi-pros se retrouvent autour d’un verre pour jouer ensemble et en faire profiter tout le monde dans la salle! Voici mes favoris :
Attention les moins de 18 ans ne sont pas toujours autorisés à entrer dans les pubs même pour diner alors vérifiez avant d’y aller en famille.
Et puis surtout, le meilleur pub sera souvent celui du quartier où vous logez ou celui qui surgira au coin d’une rue pendant vos balades. Ajoutez vos suggestions dans un commentaire, il y a toujours de nouvelles pépites à découvrir! |













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